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Vendredi 4 septembre 2026
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Alarme connectée et vidéosurveillance : types de caméras, résolution utile et cadre légal

Enceinte de maison connectée activée du doigt, illustrant la domotique et la sécurité connectée
Enceinte de maison connectée activée du doigt, illustrant la domotique et la sécurité connectée

En bref — Choisir une caméra suppose de déterminer d’abord ce qu’on veut en obtenir. La norme EN 62676-4 définit quatre niveaux : détecter une présence demande environ 25 pixels par mètre, l’observer 62, la reconnaître 125, et identifier formellement une personne 250 pixels par mètre. C’est ce critère, et non le nombre de mégapixels affiché, qui détermine si une image sera exploitable. Côté réglementaire, un lieu ouvert au public exige une autorisation préfectorale ; un lieu privé relève du RGPD, avec une conservation limitée à un mois.

Delta Dore s’est construit sur la domotique avant d’intégrer la sécurité, ce qui explique l’orientation de son offre : centraliser alarme, caméras, chauffage et volets dans une même interface. Cette logique apporte un confort réel, mais elle déplace deux questions souvent traitées trop tard, celle de la qualité d’image réellement utile et celle du cadre juridique. Cet article traite les deux.

Quels types de caméras existent, et pour quel usage ?

Type Caractéristique Usage adapté Limite
Dôme Boîtier hémisphérique, orientation non visible de l’extérieur Intérieur, accueil, commerce Champ fixe une fois réglé
Tube (bullet) Boîtier allongé, direction apparente, forte portée IR Extérieur, parking, façade Effet dissuasif mais orientation lisible
Motorisée (PTZ) Rotation, inclinaison et zoom pilotables Grands espaces, sites étendus Ne filme qu’une zone à la fois
Panoramique (fisheye) Champ de 180 à 360°, image redressée par logiciel Vue d’ensemble d’un plateau ou d’un hall Résolution répartie sur toute la scène
Thermique Détection par rayonnement thermique, insensible à l’obscurité Périmétrie, sites industriels Ne permet pas l’identification
Lecture de plaques Optique et traitement dédiés Contrôle d’accès véhicules Positionnement et éclairage très contraints

Le choix parmi les types de caméras de vidéosurveillance se décide par zone et par objectif, jamais globalement. Une même installation combine fréquemment une panoramique pour la vue d’ensemble d’un hall, des tubes en extérieur pour les accès, et une caméra à haute résolution positionnée à hauteur de visage sur le point de passage obligé, seule capable de fournir une image d’identification exploitable.

Résolution : le critère qui compte réellement

Une caméra 4K mal positionnée produit des images inutilisables, tandis qu’une caméra en définition modeste bien placée fournit une identification exploitable. Ce qui compte n’est pas la résolution du capteur mais la densité de pixels sur la cible, exprimée en pixels par mètre à la distance considérée.

Objectif Densité requise Ce que l’image permet
Détecter Environ 25 px/m Repérer qu’une personne est présente dans la scène
Observer Environ 62 px/m Suivre un déplacement, distinguer une silhouette et un comportement
Reconnaître Environ 125 px/m Reconnaître une personne déjà connue
Identifier Environ 250 px/m Identifier formellement un inconnu, y compris à des fins de preuve

La conséquence pratique est nette : une caméra censée fournir une preuve doit être placée près du point de passage, à hauteur de visage, avec un champ resserré. Une caméra montée en hauteur pour couvrir toute une cour donnera une vue d’ensemble, jamais une identification. Beaucoup d’installations échouent sur ce seul point, en cherchant à faire remplir les deux fonctions par un même équipement.

Vision nocturne : trois approches différentes

  • Infrarouge : la caméra éclaire la scène en IR et bascule en noir et blanc. Efficace et économique, mais la portée annoncée suppose une scène dégagée, et une surface réfléchissante proche peut saturer l’image.
  • Capteur à haute sensibilité : la caméra exploite la lumière résiduelle et conserve la couleur. Précieux pour l’identification, la couleur d’un vêtement ou d’un véhicule étant un élément d’enquête majeur.
  • Éclairage blanc à la détection : un projecteur s’allume au déclenchement, ce qui produit une image couleur et ajoute un effet dissuasif immédiat. À réserver aux zones où l’éclairage ne gêne pas le voisinage.

Ce que la loi impose : deux régimes distincts

La distinction structurante n’est pas entre particulier et professionnel mais entre lieu ouvert au public et lieu qui ne l’est pas.

Critère Lieu ouvert au public Lieu non ouvert au public
Exemples Commerce, hall d’accueil, salle de restaurant Bureaux, réserves, entrepôt, domicile
Formalité préalable Autorisation préfectorale obligatoire, délivrée pour une durée limitée et renouvelable Aucune autorisation, mais RGPD applicable
Information des personnes Panneaux visibles à l’entrée et mention d’information Information des salariés et affichage
Consultation du CSE Obligatoire avant mise en place Obligatoire avant mise en place
Durée de conservation Un mois au maximum, sauf justification Un mois au maximum, sauf justification

Trois interdictions s’appliquent dans tous les cas en entreprise : on ne filme pas un salarié en continu à son poste de travail, on ne filme ni les espaces de pause, ni les sanitaires, ni les locaux syndicaux, et on n’oriente pas une caméra vers la voie publique ou la propriété d’un voisin. Un particulier qui installe une caméra chez lui est soumis à la même règle : le champ doit s’arrêter aux limites de sa propriété.

S’ajoutent les obligations générales du RGPD : inscription au registre des traitements, information claire des personnes concernées, restriction des accès aux images avec traçabilité des consultations, et analyse d’impact lorsque la surveillance est étendue. Ces points sont souvent négligés en résidentiel, mais ils sont systématiquement contrôlés en entreprise.

Ce que la domotique apporte, et ses limites

L’intégration de la sécurité à la domotique produit des effets concrets : allumage automatique de l’éclairage extérieur à la détection, fermeture des volets, simulation de présence pendant une absence, ou coupure d’alimentation de certains circuits. Ces scénarios ont un intérêt dissuasif réel, l’éclairage soudain étant l’un des facteurs de renoncement les plus documentés.

Quatre limites méritent toutefois d’être posées.

  1. La dépendance au réseau : une installation dont l’intelligence réside dans le cloud perd ses automatismes en cas de coupure internet. Vérifier ce qui continue de fonctionner en mode dégradé est une question à poser avant l’achat.
  2. La surface d’attaque : chaque objet connecté ajoute un point d’entrée. Mot de passe unique, mises à jour appliquées et segmentation du réseau ne sont pas facultatifs.
  3. La pérennité du service : un système reposant sur une plateforme propriétaire devient inutilisable si le service est arrêté. Privilégier les solutions conservant un fonctionnement local.
  4. L’absence de levée de doute : une notification, même accompagnée d’images, n’entraîne aucune intervention. Sur un site professionnel ou une résidence secondaire, cette fonction relève d’un service de télésurveillance.

Questions fréquentes

Quelle résolution de caméra choisir ?

Raisonnez en pixels par mètre à la distance visée plutôt qu’en mégapixels. Comptez environ 250 px/m pour identifier formellement une personne, 125 pour reconnaître quelqu’un de connu, et 25 seulement pour détecter une présence. Une caméra bien placée avec un champ resserré vaut mieux qu’une haute définition mal orientée.

Faut-il une autorisation pour installer des caméras dans son entreprise ?

Une autorisation préfectorale est nécessaire pour filmer un lieu ouvert au public, comme un espace de vente ou un hall d’accueil. Les zones non ouvertes au public en sont dispensées, mais restent soumises au RGPD, à l’information des salariés et à la consultation préalable du CSE.

Combien de temps peut-on conserver les images ?

La CNIL retient un mois comme durée de référence, suffisante pour constater un incident et engager une procédure. Une conservation plus longue doit être justifiée par un motif précis, et une durée excessive constitue un manquement en soi.

Peut-on filmer ses salariés ?

Les zones de travail peuvent être couvertes lorsqu’un motif de sécurité le justifie, mais un salarié ne peut pas être filmé en continu à son poste. Les espaces de pause, les sanitaires et les locaux syndicaux sont exclus dans tous les cas.

Une caméra connectée fonctionne-t-elle sans internet ?

Cela dépend de l’architecture. Un enregistrement local sur carte mémoire ou sur enregistreur continue de fonctionner, mais les notifications, la consultation à distance et les scénarios pilotés par le cloud s’interrompent. C’est un critère à examiner avant l’achat, surtout sur un site où la coupure de la ligne fait partie du mode opératoire redouté.

Ce qu’il faut retenir

  • Détecter, observer, reconnaître, identifier : quatre objectifs, quatre densités de pixels.
  • Une caméra de preuve se place près du passage obligé, à hauteur de visage.
  • Lieu ouvert au public : autorisation préfectorale. Lieu privé : RGPD.
  • Conservation limitée à un mois, information des personnes et consultation du CSE obligatoires.
  • Le champ doit s’arrêter aux limites de la propriété.
  • La domotique dissuade et automatise ; elle ne réalise aucune levée de doute.
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